Concepts d'ingénierie de portefeuille

Les obligations de votre portefeuille font leur travail

par James Parkyn

Cette année fut une nouvelle fois très bonne pour les actions mais relativement plus terne pour les obligations. Cela a conduit de nombreux investisseurs à se demander s’ils devraient allouer plus d’argent aux actions et moins aux obligations dans leur portefeuille.

À la fin de septembre, les actions canadiennes étaient en hausse de 17,5 % depuis le début de l’année tandis que les obligations étaient en baisse de 4 % (y compris les revenus d’intérêts et de dividendes). Malgré cette performance, nous vous conseillons de procéder avec prudence lorsque vous envisagez d’augmenter la pondération des actions dans votre portefeuille au détriment des obligations.

Oui, les actions ont enregistré de solides rendements depuis que les marchés ont atteint le creux suite au krach provoqué par la COVID en mars 2020, tandis que de très bas taux d’intérêts se sont traduits par des rendements obligataires dérisoires d’un peu plus de 1%.

Cependant, les obligations font plus que simplement contribuer à vos rendements globaux. Ils jouent un rôle essentiel dans la diversification de votre portefeuille en agissant comme un amortisseur lorsque des corrections affectent le marché boursier.

En effet, les obligations, en particulier celles à court terme et de haute qualité que nous privilégions, sont beaucoup moins volatiles que les actions.

Il est important de s’en souvenir lorsque les marchés boursiers sont si forts depuis si longtemps. Même avant la reprise rapide après le choc provoqué par la pandémie, les actions étaient sur une excellente lancée depuis la crise financière de 2008-09. Les bonnes performances récentes ont désensibilisé de nombreux investisseurs au risque, comme en témoigne la vague de transactions spéculatives sur les titres vedettes, les crypto-monnaies et les sociétés d’acquisition à vocation spécifique. Mais le risque n’a pas disparu.

Nous pouvons observer le rôle d’amortisseur que jouent les obligations à travers une donnée connue sous le nom de ratio de Sharpe. Nommé en l’honneur de son auteur, le lauréat du prix Nobel William Sharpe, il mesure la performance d’un investissement par rapport à un actif sans risque, après ajustement pour le risque. Lorsque l’on compare deux portefeuilles, celui avec un ratio de Sharpe plus élevé offre un meilleur rendement pour le même niveau de risque.

Comme le démontre l’économiste et stratège de marché David Rosenberg dans cet article, l’ajout d’une portion significative d’obligations à un portefeuille améliore considérablement les rendements ajustés au risque.

Rosenberg calcule qu’un portefeuille d’actions au cours des cinq dernières années avait un ratio de Sharpe de 1,08 contre 1,2 pour un portefeuille composé de 60 % d’actions et 40 % d’obligations et 1,25 pour un mélange 50/50. Ainsi, malgré les faibles rendements des obligations au cours des cinq dernières années, le ratio de Sharpe augmente car les obligations réduisent considérablement la volatilité du portefeuille. La même tendance peut être observée sur des périodes de 10, 20 et 30 ans.

En plus d’être un tampon contre la volatilité du marché boursier, il y a une autre raison pour laquelle les obligations sont utiles dans un portefeuille. Lorsque le marché boursier subit des pertes, vous pouvez utiliser votre allocation obligataire pour lever des liquidités afin de couvrir vos dépenses, en attendant que les actions se rétablissent. Vous pouvez également utiliser ces fonds pour acheter des actions lorsqu’elles sont en baisse.

Bien sûr, un portefeuille d’actions à 100 % aura des rendements attendus plus élevés, mais il est également plus risqué. Une bonne gestion de portefeuille implique de trouver le bon équilibre entre le risque et le rendement, compte tenu de vos objectifs et de votre tolérance au risque.

En fin de compte, nous pensons qu’une allocation obligataire doit être considérée comme un stabilisateur de portefeuille, et non comme un obstacle à la maximisation de vos rendements. L’expérience nous a appris qu’un portefeuille à plus faible volatilité produira à long terme un meilleur rendement et sera plus efficace sur le plan fiscal qu’un portefeuille très volatil.

Alors, ne vous inquiétez pas pour vos obligations, elles font leur travail.

4 leçons d’investissement essentielles tirées des deux dernières décennies

par James Parkyn

Chez PWL Capital, nous pensons qu’il est crucial d’avoir une vision à long terme de l’investissement. C’est pourquoi j’ai récemment échangé avec mes collègues François Doyon La Rochelle et Raymond Kerzérho pour parler des leçons d’investissement que nous avons tirées depuis l’an 2000 pour un prochain épisode de notre balado, Sujet Capital.

Le dénominateur commun de notre discussion était l’importance de la patience pour réussir à bâtir votre patrimoine sur le long terme.

Il suffit de considérer les nombreux événements importants qui se sont produits au cours des deux dernières décennies pour comprendre pourquoi la patience est si importante. La liste comprend l’éclatement de la bulle technologique en 2000, le 11 septembre, les guerres en Afghanistan et en Irak, un marché baissier prolongé en 2001-03, la crise financière de 2007-09 et, plus récemment, la pandémie de COVID-19.

À travers tout cela, le marché boursier a continué à monter. Depuis septembre 2001, le S&P 500 a cru à un taux annualisé de 8,2 % par an en dollars canadiens, tandis que l’indice composé S&P/TSX au Canada a connu une hausse annualisée de 8,1 % par an.  L’indice combiné MSCI EAEO et des marchés émergents a quant à lui connu une hausse annualisée de 6,6 % par an.

Si vous aviez laissé vos émotions prendre le dessus et que vous aviez quitté les marchés en réponse à l’un des événements énumérés ci-dessus (ou aux nombreux autres de moindre importance), vous vous seriez privé de ces gains.

Dans cet esprit, voici les quatre leçons les plus importantes à retenir depuis l’an 2000.

1. Vous ne savez pas ce que vous ne savez pas

Cette phrase résume l’observation faussement simple que personne ne sait ce que l’avenir nous réserve ou quel impact les événements auront sur les marchés. Personne n’aurait pu prédire les attaques terroristes du 11 septembre 2001 ou la dévastation provoquée par la pandémie mondiale par exemple.

Howard Marks, coprésident d’Oaktree Capital Management, a résumé l’importance de l’humilité intellectuelle lorsqu’on investit : « Aucun degré de sophistication ne va compenser le fait que toutes vos connaissances concernent le passé et toutes vos décisions concernent l’avenir. »

2. Vous ne pouvez pas prévoir l’avenir, mais personne d’autre non plus

Cette leçon est le corollaire de la précédente. Malgré l’impossibilité de prédire l’avenir, de nombreux économistes, analystes et gestionnaires d’investissement actifs gagnent leur pain en essayant de faire exactement cela.

Le bruit qu’ils créent peut vous éloigner de votre plan d’investissement avec des conséquences désastreuses pour votre patrimoine.

3. La discipline et des actions réfléchies sont essentielles

Pour éviter les pièges, il est essentiel de développer une discipline face aux placements. Il s’agit de filtrer les bruits du moment et de s’en tenir résolument à une vision à long terme guidée par votre plan d’investissement.

Un plan d’investissement bien conçu est une feuille de route sur laquelle vous pouvez compter lorsque les temps sont durs et que vous êtes tenté de vous écarter de la route. Votre portefeuille doit être aligné sur votre tolérance au risque et votre capacité à en prendre. Il doit également être fiscalement avantageux et largement diversifié. Ce sont les facteurs que vous pouvez contrôler.

4. L’investissement fondé sur les données fonctionne

Je me souviens qu’en 2003, en tant qu’entreprise, nous avions pris la décision de mettre en œuvre des portefeuilles entièrement passifs. Mon expérience au cours des années qui ont suivi a confirmé ma conviction que l’adhésion à des principes d’investissement sains et scientifiquement vérifiés est le meilleur moyen pour nos clients d’avoir une expérience d’investissement réussie.

Cela a produit de solides résultats d’investissement pour nos clients et une croissance remarquable pour PWL Capital, car de plus en plus d’investisseurs ont adopté l’investissement passif à faible coût et les meilleures pratiques que nous suivons. C’est une approche d’investissement qui donne aux clients la confiance nécessaire pour s’en tenir à leur plan d’investissement dans les bons comme dans les mauvais moments.

Assurez-vous d’écouter notre balado pour en entendre davantage sur les leçons d’investissement tirées des deux dernières décennies. Vous pouvez également en apprendre plus sur les principes sur lesquels reposent la science de l’investissement en téléchargeant votre exemplaire de notre livre électronique, les 7 péchés capitaux du placement.

Comment participer au boom des appels publics à l’épargne sans prendre de risque

par James Parkyn

L’une des caractéristiques remarquables du marché haussier au cours de la dernière année a été l’activité frénétique autour des premiers appels publics à l’épargne (IPO). Partout dans le monde, les investisseurs ont montré un intérêt extraordinaire pour les nouvelles émissions de titres et étaient prêts à payer des prix élevés pour prendre part à l’action.

Une introduction en bourse a lieu lorsqu’une entreprise privée lève des capitaux en émettant des actions aux investisseurs institutionnels et particuliers. Les premiers appels publics à l’épargne ont établi des records à la fois pour le nombre d’entreprises devenant publiques et les montants d’argent levés. Le boom s’est accéléré alors que les investisseurs sont devenus de plus en plus amoureux des actions technologiques et optimistes quant aux perspectives de croissance économique post-pandémique.

À l’échelle mondiale, les premiers appels publics à l’épargne ont levé un record de 140,3 milliards de dollars cette année, en date du 10 mai, grâce à un total de 670 émissions d’actions, un autre record.

La plupart de ces émissions provenaient des États-Unis, qui ont de loin le plus grand marché boursier au monde avec plus de 55% de la valeur des actions mondiales. Le marché américain des premiers appels publics à l’épargne vient de connaître une année sans précédent en 2020, lorsque 494 émissions ont levé 174 milliards de dollars, soit une augmentation de 150 % par rapport à 2019. Au premier trimestre de cette année, les premiers appels publics à l’épargne ont été encore plus importants avec 365 émissions, levant 129 milliards de dollars.

Au Canada, les résultats sont plus mitigés. Les 77 premiers appels publics à l’épargne en 2020 étaient moins nombreux qu’en 2019, mais les 5,6 milliards de dollars levés représentaient une augmentation de 116% par rapport à 2019. Au premier trimestre de cette année, il y a eu 32 premiers appels publics à l’épargne d’une valeur de 3,2 milliards de dollars.

Les investisseurs sont prêts à payer le prix fort pour les premiers appels publics à l’épargne, en particulier celles émanant des firmes technologiques. Entre 2002 et 2019, le rapport prix/ventes médian des appels publics à l’épargne des firmes technologiques n’a jamais dépassé 12 au cours d’une année civile, selon l’expert Jay Ritter. En 2020, le ratio était de 23, de loin le plus élevé depuis l’ère des point.com. À la fin du mois d’avril de cette année, le ratio était de 20.

L’engouement suscité par les nouveaux entrants sur le marché boursier est tout à fait différent de celui des dernières années. À l’époque, l’attention des médias se concentrait sur le faible nombre d’entrées en bourse et la diminution de la taille du marché boursier.

Un article du Wall Street Journal de 2017 intitulé « Où sont passées toutes les entreprises publiques ? » a noté que le nombre d’inscriptions sur les bourses américaines était tombé à seulement 3 617, la moitié du nombre de 1996. Les introductions en bourse étaient tombées à 128 contre 845 en 1996.

L’argent abondant des investisseurs en capital-investissement et en capital-risque a permis aux entreprises de financer leur croissance sans entrer en bourse et sans avoir à assumer toutes les réglementations associées, l’examen public, l’activisme des investisseurs et les poursuites judiciaires. Les activités de fusion et d’acquisition ont également contribué à la disparition de sociétés ouvertes existantes.

Comme l’a noté ce même article du Wall Street Journal, ce qui était bon pour les investisseurs en capital-investissement et en capital-risque était mauvais pour les investisseurs de détail qui dépendent des marchés boursiers publics. Le nombre décroissant de sociétés ouvertes signifiait que les investisseurs passifs qui achetaient des marchés entiers via des fonds indiciels obtenaient moins de diversification pour leur argent.

De ce point de vue, le boom actuel des premiers appels publics à l’épargne est une bonne nouvelle. Cependant, il existe également un danger pour les petits investisseurs dans cette frénésie des introductions en bourse, comme nous en avons discuté dans un récent épisode de notre balado Sujet Capital.

Attirés par tout le battage publicitaire, de nombreux petits investisseurs sont amenés à acheter des émissions individuelles lors des appels publics à l’épargne. Outre les dangers bien connus de l’achat d’actions individuelles, ces titres ont tendance à sous-performer le marché boursier après leur premier jour sur le marché, selon les recherches de Ritter, professeur au Warrington College of Business de l’Université de Floride, connu sous le nom de « Monsieur IPO ».

Dans une interview sur le balado Rational Reminder, produit par nos collègues Benjamin Felix et Cameron Passmore de PWL, Ritter a déclaré que ces titres nouvellement introduits en bourse sous-performent le marché en moyenne sur des périodes d’un an et de trois ans, après la clôture de leur premier jour de négociation. (Il a noté que ce sont les plus petites entreprises qui ont tendance à sous-performer le marché. Les grandes entreprises, en moyenne, ne sous-performent ni ne surperforment.)

De plus, les sociétés de courtage s’assurent souvent que les grands investisseurs obtiennent des actions au prix de l’offre initiale. Les petits investisseurs doivent acheter des actions à des prix plus élevés sur le marché secondaire (bien que les plateformes en ligne permettent aux investisseurs individuels d’acheter plus facilement des actions lors des émissions). De plus, les courtiers reçoivent parfois des primes pour vendre les actions de sociétés de moindre qualité à des clients.

Il y a eu beaucoup d’enthousiasme et beaucoup de manchettes sur les introductions en bourse au cours de la dernière année. La bonne nouvelle pour les investisseurs passifs est que les introductions en bourse sont rapidement incluses dans les indices et vous pouvez donc les posséder sans prendre les risques liés à l’achat d’actions individuelles.

Les dangers cachés des titres à dividendes

par James Parkyn

Investir dans les titres à dividendes semble être plus populaire au Canada qu’aux États-Unis et que dans d’autres pays, bien que ce soit difficile de le prouver. Certes, la couverture médiatique, les sites Web et les fonds communs de placement consacrés aux stratégies d’investissement axées sur les dividendes ne manquent pas.

La popularité des approches axées sur les dividendes peut refléter, au moins en partie, le traitement fiscal spécial que reçoivent les dividendes canadiens ou une préférence nationale en faveur des actions des banques, des entreprises de télécommunications, des services publics et d’autres payeurs de dividendes de premier ordre.

Quelle qu’en soit la raison, la fascination de nombreux investisseurs canadiens pour les dividendes trahit une incompréhension du fonctionnement des rendements des actions et expose les portefeuilles à un risque plus élevé.

Les rendements des actions sont composés de gains en capital (augmentations de prix) et de dividendes. Comme l’explique cet excellent article de notre collègue de PWL, Dan Bortolotti, les dividendes et l’appréciation des prix sont les deux faces d’une même médaille.

Si une entreprise paie 1 $ par action en dividendes en espèces sur les bénéfices, ses actions perdent en théorie de 1 $ par action. Comme l’explique Dan : « Cette baisse de prix ne sera pas d’un cent pour un cent, le prix peut même parfois être emporté par les fluctuations normales des marchés. Mais il y a toujours un compromis. Après tout, lorsqu’une entreprise verse, par exemple, 10 millions de dollars de dividendes, elle doit valoir 10 millions de dollars de moins. »

Par conséquent, cela ne devrait pas faire une différence que vos rendements proviennent de dividendes ou d’une appréciation du capital (sans tenir compte des taxes et des coûts de transaction).

Cependant, la relation directe entre le cours de l’action et les dividendes est clairement un concept difficile à saisir pour de nombreux actionnaires et qui peut conduire à des paris d’investissement risqués. Le premier de ces risques est une perte importante de diversification à laquelle les investisseurs en dividendes sont sujets.

Un focus sur les titres à dividendes exclut un nombre important et croissant d’entreprises qui ne versent pas de dividendes, malgré des bénéfices élevés. Un exemple frappant est Berkshire Hathaway de Warren Buffett, qui n’a jamais versé de dividende sous sa direction. En fait, près de la moitié de toutes les sociétés américaines cotées en bourse n’ont versé aucun dividende entre 1963 et 2019, selon cet article.

Le problème est aggravé par la concentration sectorielle des actions à rendement élevé versant des dividendes. Cette situation est particulièrement prononcée au Canada, où les fonds de dividendes sont dominés par un nombre relativement restreint d’actions du sectur financier, d’entreprises de télécommunications, de pipelines et du secteur de l’énergie.

Ensuite, il y a le risque que les versements de dividendes soient réduits ou éliminés pendant les récessions. Ce fut le cas à la fois pendant la crise financière de 2008-2009 et pendant la pandémie, lorsqu’une entreprise sur cinq a réduit ses paiements et une sur huit les a complètement éliminés.

Enfin, les investisseurs achètent souvent des actions à dividendes pour le revenu, mais c’est moins efficace sur le plan fiscal que de vendre des actions pour générer des liquidités.

Les premiers mois de 2021 ont été favorables aux investisseurs en dividendes, le marché passant des actions de croissance aux actions de valeur, une catégorie qui comprend de nombreuses entreprises qui versent des dividendes. Le FNB iShares Canadian Select Dividend ETF, le plus grand fonds du genre au Canada, a généré un rendement de 12,99% au premier trimestre, surpassant facilement le rendement de 8,11% du FNB iShares Core S&P/TSX Capped Composite Index ETF.

C’était une histoire très différente l’année dernière. Les promoteurs des titres à dividendes affirment souvent que ces actions résistent mieux aux ralentissements, mais ce n’était certainement pas le cas pendant le krach et la reprise causée par la pandémie. Les FNB axés sur les actions canadiennes à dividendes ont été déclassés en 2020 par les FNB qui répliquent l’indice composé S & P / TSX. Le FNB de dividendes iShares a généré un rendement de -0,51 par rapport à +5,61 pour le FNB indiciel composé S & P / TSX.

Il est clair que la meilleure façon de créer de la richesse à long terme est de diversifier son portefeuille aussi largement que possible au sein des classes d’actifs et des zones géographiques. L’investissement en dividendes échoue non seulement le test de la diversification, mais vous expose également au risque de ne pas générer le revenu sur lequel vous comptez.

Certes, les dividendes sont une partie importante des rendements globaux des marchés boursiers. Cependant, comme on le dit souvent, trop c’est comme pas assez!


Tirer les leçons de la liquidation du marché obligataire

par James Parkyn

Le marché boursier est sans aucun doute la star du monde de l’investissement – il retient la plus grande attention des médias, des analystes et des investisseurs individuels.

Cela a été particulièrement vrai au cours de l’année dernière, grâce à un puissant marché haussier qui a suivi le krach provoqué par la crise de la COVID qui a fait grimper l’indice composé S&P TSX de plus de 65% et le S&P 500 de plus de 75% à partir du bas atteint le 23 mars 2020.

Le marché obligataire, en revanche, n’attire généralement pas beaucoup l’attention du grand public, même s’il est beaucoup plus important en termes des sommes investies que le marché boursier et joue un rôle crucial à la fois dans l’économie et dans les portefeuilles d’investissement diversifiés.

Cela étant dit, le marché obligataire a fait les manchettes ces derniers temps. Depuis le début de l’année, les prix des obligations dans le monde ont fortement chuté et les rendements ont grimpé en flèche. (Les rendement obligataires représentent ce que les investisseurs reçoivent des intérêts payés par les obligations. Les prix et les rendements des obligations évoluent en sens inverse.)

Après avoir atteint un creux de seulement 0,45% l’été dernier, le rendement des obligations du gouvernement du Canada échéant dans 10 ans a plus que triplé pour s’établir à environ 1,50% actuellement. L’histoire a été similaire aux États-Unis et dans d’autres grands marchés.

La baisse des prix des obligations (et la hausse des rendements) reflète l’optimisme croissant quant à une croissance économique plus forte alors que les campagnes de vaccination s’accélèrent et que des stimuli continuent d’être injectés dans l’économie par les gouvernements et les banques centrales. Les investisseurs parient qu’une croissance plus rapide entraînera une hausse de l’inflation, ce qui entraînera une hausse des taux d’intérêt.

C’est un grand changement par rapport au sentiment qui a poussé les prix des obligations à la hausse l’an dernier. À l’époque, l’économie souffrait d’une récession historique, les banques centrales réduisaient les taux d’intérêt et, contrairement à maintenant, la préoccupation était la déflation, pas l’inflation. Les prix des obligations ont fortement augmenté, propulsant les rendements à des niveaux les plus bas.

En raison de cette hausse des prix, le marché obligataire canadien a généré un excellent rendement de 8,69% en 2020. La situation est très différente jusqu’à présent en 2021. La baisse des prix des obligations a effacé plus de la moitié des gains de 2020 en seulement deux mois.

Cela démontre le risque relatif des obligations à long terme, qui sont beaucoup plus sensibles aux variations des taux d’intérêt que les obligations à court terme.

Les taux d’intérêt étant si bas, de nombreux investisseurs ont décidé d’acheter des obligations à plus long terme ou des obligations de moindre qualité parce qu’elles offrent des rendements plus élevés. Cette prise de risque correspond à un engouement général d’acheter des actifs de toutes sortes, des crypto-monnaies aux actions de technologies en passant par les sociétés d’acquisition à vocation spéciale (SPAC).

Cependant, comme nous l’avons vu avec le renversement des rendements obligataires, les marchés des capitaux peuvent changer rapidement. Warren Buffett a d’ailleurs mis en garde les investisseurs face aux obligations de mauvaise qualité dans sa lettre annuelle aux actionnaires de Berkshire Hathaway.

Il est important de se rappeler le rôle qu’une allocation obligataire doit jouer dans votre portefeuille. Elle est là pour amortir la volatilité du marché boursier et fournir des liquidités. C’est pourquoi nous nous en tenons à des fonds obligataires à court terme et de haute qualité dans les portefeuilles que nous gérons. Leur faible volatilité joue un rôle de stabilisation que nous recherchons tout au long des cycles de marché.

Quant à la récente baisse des prix des obligations, la bonne nouvelle est que cette douleur à court terme cédera la place à un gain à long terme. Les rendements obligataires ont augmenté, ce qui signifie des rendements obligataires espérés plus élevés à long terme.

L’étude des performances passées ne vous mènera pas là où vous voulez aller

par James Parkyn

Les investisseurs ont vécu une année de montagnes russes en 2020. Une profonde chute du marché boursier au printemps dernier a été suivie d’un puissant rallye qui a propulsé le S&P 500 vers de nouveaux sommets et le S & P / TSX Composite qui flirt avec un nouveau record.

Imaginons Robert, un épargnant qui planifie sa retraite et qui est resté en marge de toutes ces turbulences et a finalement décidé de franchir le pas et d’investir une partie de son argent en bourse.

Robert regarde les chaînes d’information financière à la télévision et a entendu divers gestionnaires de fonds communs de placement prédire où les marchés et les actions individuelles se dirigeront dans les mois à venir. Avec tous les conseils et prédictions contradictoires qu’il a entendus, il n’est pas surprenant qu’il ait du mal à décider à quels gestionnaires faire confiance avec son argent.

C’est à ce stade que Robert et son conseiller en placement décident de se pencher sur les performances passées de divers fonds communs de placement afin de trouver les meilleurs à acheter.

Bien sûr, ils connaissent les petits caractères au bas des documents de marketing des fonds communs de placement qui préviennent que « les performances passées ne sont pas un indicateur des résultats futurs », mais comment Robert est-il censé choisir autrement?

Malheureusement pour lui et pour d’innombrables autres investisseurs dans des fonds activement gérés, les petits caractères ne sont pas superflus! Les performances passées des fonds n’offrent en fait guère de précisions sur les rendements futurs.

Les recherches menées par Dimensional Fund Advisors montrent que seulement 21% des fonds d’actions du premier quartile aux États-Unis ont maintenu un classement dans le premier quartile au cours des cinq années suivantes (dans les données de 2009 à 2019). Pour les titres à revenu fixe, le résultat est de 29%.

Même si vous étiez l’un des chanceux à avoir investi dans l’un de ces fonds les plus performants, vous n’auriez eu aucun moyen de le savoir lorsque vous avez effectué votre investissement. Les chances n’étaient définitivement pas de votre côté.

En effet, un pourcentage énorme de gestionnaires de fonds ne génère pas de rendements supérieurs à leur indice de référence. Dans le cas des fonds d’actions américaines gérés activement, 89% ont sous-performé l’indice S&P Composite 1500 sur dix ans jusqu’à la fin de 2019, selon le rapport SPIVA publié par S&P Dow Jones.

Même un gestionnaire de fonds communs de placement capable de battre le marché pendant 10 ans ou plus pourrait bien être tout simplement chanceux.

Bill Miller représente sans doute un des exemples le plus spectaculaires d’un gestionnaire dont la chance a tournée. Gérant le fonds phare de Legg Mason, Miller a battu l’indice S&P 500 pendant 15 années consécutives de 1991 à 2005. Puis, alors que la crise financière et la récession commençaient, Miller a fait des paris désastreux sur les actions du domaine financier qui ont conduit son fonds à perdre les deux tiers de sa valeur à la fin de 2008.

Miller a lui-même attribué sa séquence de victoires à « peut-être 95% de chance ». Un autre ancien stratège en investissement de Legg Mason a estimé que la probabilité de battre le marché dans les 15 années se terminant en 2005 était d’une sur 2,3 millions.

La réalité est que se fier aux performances passées pour choisir ses investissements, c’est comme conduire sa voiture en regardant dans le rétroviseur. Cela ne fonctionne pas (sauf si vous conduisez en marche arrière). Les preuves montrent clairement que les fonds gérés activement ne peuvent pas battre systématiquement le marché et étudier leurs performances passées ne vous donnera que l’illusion qu’ils peuvent.

Pour Robert, la réponse est d’arrêter de se soucier de trouver les meilleurs gestionnaires actifs et plutôt d’utiliser des fonds indiciels gérés passivement pour construire un portefeuille largement diversifié et à faible coût. C’est ainsi que vous devez garder les yeux sur la route à parcourir et vous préparer à tous les virages, bosses ou détours qui pourraient survenir en cours de route.